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16/07/2015

La légende de l'altriman

posté à 08h54

Début juillet les courses fusent... Certains comme Jean A. et Antoine B. sont partis faire le XTerra France dans les Vosges (résultats ici), d'autres ont pris rendez-vous dans les Pyrénées, aux Angles, pour l'altriman. C'est le cas cette année de Pierre M. (sur le long) , Stéphane P. (sur le demi-long) et Anthony L. (sur le M).

Anthony pour son 3e M en 3 semaines finira 4e au scratch !

Pour Stéphane et Pierre, l'histoire est contée ci-dessous :

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Un (long) résumé de l’aventure de deux vitrollais partis chercher les sensations fortes dans les Pyrénées lors du pont du 14 juillet.

Oui, des sensations aussi fortes que les pentes qui nous ont tendu les bras ce samedi 11 juillet sur le parcours de l’Altriman.

Pierre (M) pour une aventure incroyable qui le fera traverser 3 départements et gravir quasiment 5000 mètres de dénivelés sur 190km de vélo, un marathon frisant les 800 mètres de dénivelé, le tout majoritairement au-delà de 1500m d’altitude.

De mon côté, je resterai plus modestement sur le « baby-Altriman », soit la moitié de cette distance de cinglés.

Après 4 heures de route en se faufilant dans le trafic des juilletistes, nous arrivons la veille dans le village de Matemale (300 habitants, autant de vaches et de chèvres) situé juste en-dessous de la station de ski des Angles. Quelques tours de roues pour parader aux couleurs de Vitrolles tout en allant récupérer nos dossards au bord du lac. Le soleil est de plomb, pas un nuage dans le ciel.

Le soir, Pierre dépose son vélo dans le parc, départ du « full » à 5H30 et du « half » à 8H30.

Au dodo tôt, le 11 juillet promet d’être bien occupé et l’altitude fatigue l’organisme plus que d’accoutumé.

4H00 du matin, il fait bien noir dehors quand Pierre avale son dernier repas « normal » avant de carburer aux produits énergétiques pour les prochaines heures. Le ciel est clair, la température bien (trop) fraîche pour des méditerranéens.

Un peu honteux, j’abandonne Pierre à son destin et me cramponne au lit sous la couverture (oui, oui, une couverture). Dans le lointain, j’entends le signal du départ natation. Un coup d’œil dehors, les montagnes environnantes se découpent dans la pénombre et les premiers rayons commencent à poindre. Le ciel est limpide.

¾ d’heure plus tard, les bidons rejoignent mon joli BMC, la pression des boyaux est minutieusement vérifiée quand le téléphone vibre…c’est Pierre ( !!)…la natation est interrompue à cause du brouillard ??? Effectivement, on ne distingue plus rien à 2 mètres !! Les rumeurs fusent, deux triathlètes sont perdus au milieu du lac et l’organisation ne les retrouve plus. L’Altriman est neutralisé, les participants regroupés dans le parc pour être comptés !!

Je frissonne devant le parc à vélos entouré par des silhouettes qui émergent sporadiquement de la brume. Les aventuriers de l’Altriman sautillent sur place dans leur combinaison luttant contre la fraîcheur.

Les tergiversations vont bon train…et se concluent par l’annulation pure et simple de la natation, remplacée par un footing de 1.5km qui étalera naturellement les départs vélo. Après ce tour de chauffe, c’est parti pour 190km !

Et nous, les half-altriman, koikonfé ???

Le verdict tombe : oui pour la natation avec trois boucles de 500m en vue du rivage (deux sorties à l’australienne et 200m de course à pieds pour replonger). Horaire de course maintenu, il ne reste donc que 15 minutes pour être prêt. Bouh, en tant que petit vieux vétéran, je n’aime pas quand on me bouscule. J’oublie de manger mon gâteau sport traditionnel et marche vers la ligne de départ en finissant d’enfiler la peau en néoprène.

Plouf pour 100 petits mètres d’échauffement, bien insuffisants pour activer la circulation, ça va pas le faire…

Le top se fait dans la confusion, une partie des athlètes est dans l’eau, l’autre sur l’aire de départ en herbe.

Malgré tout, le disque solaire commence à percer le voile de stratus et l’espoir renaît en même temps que les rayons véhiculent des calories tant attendues.

Les 300 premiers mètres sont dignes des pires séances d’hypoxie concoctées par nos coaches. Sortie à l’australienne où je finis à plat ventre en dégringolant la pente en herbe (le néoprène permet une glisse parfaite sur l’herbe mouillée, à savoir…).

Les deux boucles suivantes sont mieux gérées, y compris le passage en courant sur le pont flottant qui tangue violemment sous les foulées lourdes des triathlètes.

Pendant qu’on pataugeait, le soleil est franchement revenu !! Je jette la combi dans le parc au milieu des bouses de vaches, enfourche la bicyclette et mouline frénétiquement au milieu des cailloux qui parsèment la route sur 500m.

Le parcours vélo est simplissime : ça monte vers un premier col, puis ça descend, puis ça grimpe vers un grand col, puis ça descend, un peu de faux-plat suivi d’une pente extrêmement raide et enfin on plonge vers un faux-plat…montant.

Le col de la Llose passe sans problème, la descente suivante est sinueuse et partiellement gravillonnée. Des missiles me déposent en flirtant avec les bords du macadam.

Les voyants passent au rouge dans le col suivant (col de Creux). Je bascule les vitesses, mais tout est déjà à gauche. Je n’avance plus et me fait doubler constamment. Le moral est entamé mais pas de panique, j’ingurgite un gel « coup de fouet » avec une bonne rasade d’eau. Y’a plus qu’à attendre que ça passe dans les muscles sans penser aux places perdues.

Une dizaine de minutes plus tard, les jambes tournent mieux. Je refais un bout de mon retard avant le sommet et le plongeon vers la vallée. Descente toujours prudente (avec en mémoire la chute à Hyères qui a laissé des marques) puis enchaînement sur la seule partie plate en tournant bien les jambes à 45km/h pour disparaître dans les nuages qui attendent les coureurs au fond de la vallée. La température chute d’un coup et je claque des dents sur les 15 km suivants qui débouchent sur un mur de 1.5km à 13/14%. Eprouvant ce parcours.

Retour vers le parc à vélos par un faux-plat (montant bien sûr) de 15km. Ouf, c’est fini. J’entends quelqu’un me crier que je suis 48ième. Vu ma piètre performance dans le col de Creux, je suis le premier étonné.

A nouveau une transition raisonnable (même pas deux minutes, oui, oui, Hervé !!) et c’est parti pour le semi-marathon. C’est tout plat les 8 premiers km avant d’entamer la monté vers la station de ski des Angles. Passé le village, virage serré à gauche et là je lâche un « p….. » en voyant la ligne droite de presque 2km à 13% et la file de coureurs…qui marchent péniblement l’échine courbée.

Ne rien lâcher, un pied devant l’autre sans réfléchir aux cuisses qui brûlent et je me traîne en trottinant jusqu’à la tente de ravitaillement placée au sommet. Je double, je double et je double encore les marcheurs à pied, youpi, c’est bon!

Descente vers le lac, sans trop penser qu’il faudra remonter cette portion. Je croise coup sur coup deux athlètes de Durance Triathlon qui sont « faciles » dans la montée et me lancent un sourire avec un petit geste d’encouragement. Ils ont presque finis eux ! Bravo les gars !

Demi-tour au lac et cap vers la finish line. Cette fois-ci, c’est une pente à 13% que je dévale à grandes enjambées. Ça tape dans les lombaires à chaque choc mais le paysage défile vite et le GPS affiche presque 20km/h.

Le gymnase, lieu de l’arrivée, se profile à l’horizon. Un dernier petit sentier en tapant dans les mains de tous les enfants, sans en oublier un, et ce sont encore quatre marches bien raides qu’il faut gravir pour accéder à l’arche finale. 5H46’ pour une place de 27iem, heureusement qu’il y a la course à pieds pour rattraper les dégâts du vélo !

Après le massage et la douche, la grande question c’est : où en est Pierre ??

Passage au parc, le vélo 187 est bien là. Donc notre grand malade se promène quelque part sur le parcours du marathon. Je remonte (en voiture, pas fou) aux Angles, flâne nonchalamment mais ne le vois pas.

L’heure du repas passe (double dessert puisque Pierre n’est pas là, je peux prendre sa part). Je patiente encore un peu en regardant, avec émotion, les arrivées qui se succèdent dans les larmes, les cris de joie et les sourires !

La nuit tombe, toujours pas de Pierre.

Je remonte le flux des coureurs/marcheurs jusqu’à la sortie des Angles. J’ai donné ma frontale à Pierre (il n’avait plus de pile dans la sienne ce matin !) et je ne peux pas aller plus loin dans le noir ténébreux de la montagne. Je m’assois sagement sur un muret pour patienter en observant le serpentin lumineux dessiné par les frontales des participants qui se dirigent vers la station.

« Stéphane, c’est toi ? »

Oui, voilà Pierre qui m’a heureusement reconnu aux couleurs de Vitrolles, je commençais à dodeliner de la tête.

Je bondis à ses côtés et lui emboîte le pas. Plus qu’un gros km et deux montées. On trottine et on marche ensemble en discutant de cette journée sportive. Le rythme s’accélère avec l’approche de l’arrivée.

Nous y voilà ! Une grande tape dans le dos et Pierre s’envole vers le podium : 16H00 !! Seize longues heures d’efforts et le voilà qui franchit cette ligne dans un calme impérieux. Aucune émotion de victoire malgré cet exploit, je n’en reviens pas.

Pierre se dirige vers moi et tout simplement annonce « je prends une bière et on y va ?»…même pas mal…bon, en fait, il a pris deux bières…

Ce 11 juillet 2015, un nouveau vitrollais est, selon le slogan de l’Altriman, « rentré dans la légende ». Le triathlon le plus dur des Pyrénées c’est sûr, si ce n’est pas le plus dur du monde.

L’année prochaine, on y retourne !

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