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10/11/2009

Retour sur Hawaii par Alexandre

posté à 11h57

Ce samedi 3 octobre 2009, je prends le train vers 5h du matin. Le TGV pour Paris a annoncé le thème de la journée : 25 ‘ de retard au départ d’Aix, même chose à l’arrivée.
J’arrive donc à l’enregistrement de mes bagages. Je suis parmi les derniers de la trentaine de Français à partir ce matin là pour Hawaii. Coup de chance, coup de bluff, on arrive à ne pas payer la surtaxe du vélo (150€ d’économiser sur ce cout là).
Le voyage se poursuit par trois heures d’attente à Roissy. Un retard qui nous fait rater notre correspondance à Washington pour San Francisco. Certains ont accepté la nuit d’hôtel que leur proposait la compagnie. J’ai réussi à négocier une correspondance via Los Angeles (et donc une nuit à dormir par terre dans l’aéroport), ce qui m’a permis, avec quelques autres, de recoller au plan de vol d’origine. En arrivant à Kailua-Kona, la ville principale de Big Island, on s’est aperçu que nos bagages étaient restés à Washington…
La première chose qui frappe en arrivant à Hawaï, outre la petite taille de l’aéroport – des cabanes et un hall sans toit – c’est les 30 °C de chaleur et l’humidité. Autour de l’aéroport, c’est une autre planète : des champs de lave noire à perte de vue.

On a profité de la journée pour récupérer la voiture de location, faire les courses, s’installé dans l’appartement et faire une petite baignade en mer (Hannes et Gaël, les gens de l’agence de voyage, nous ont prêté des bermudas en attendant nos valises).
Tout est rentré dans l’ordre le soir avec l’arrivée de nos bagages et vélos.

Les premiers jours, il faut essayer de bien dormir pour récupérer du décalage horaire et s’habituer à la chaleur.

Lundi : reco du parcours vélo
Mardi : On ne fait pas grand-chose : on nage un peu sur le parcours de la course, tôt le matin. petit footing pour se dégourdir les jambes
Mercredi : On va récupérer son matériel de course auprès de l’organisation : numéro de dossard, les cadeaux, les sacs (1 pour la tenue vélo, 1 pour la course à pied, 1 pour les affaires d’après course)
Jeudi : rien, récup complète. Comme on veut tester combi de nat et que je connais déjà le coin, je sers de guide touristique à mes camarades. Je les emmène jusqu’à la petite plage de Keauhou abritée par des coraux. On y approche, à pied, les tortues et les poissons à 20 cm de la main. C’est super sympa de nager parmi les poissons.

Vendredi : La veille de la course, on dépose nos vélos et nos deux sacs de matériel dans le parc. Le bénévoles qui me suit, me fait faire les 2 transitions en marchant et en m’expliquant bien tout ce qu’il faut faire. Ca me permet de les visualiser pour demain. Il n’oublie pas de me dire de dégonfler mes boyaux et d’enlever mon compteur, et mes bidons

Samedi :
Le matin de la course, je regonfle mes pneus (le pneu arrière était totalement à plat…je me dis que j’avais du trop le dégonfler la veille). Je mets le compteur à 0, je mets les bidons, je mets les chaussures vélo sur les pédales avec les élastiques.
Le départ a lieu dans l’eau à un endroit où l’on n’a pas pied. Les pros partent à 6h45, un quart d’heure avant nous. Juste avant qu’ils partent, un avion lâche des parachutistes (des soldats de la navy). C’est du spectacle et du patriotisme à l’américaine.
La ligne de départ est matérialisée par d’un coté une structure gonflable en forme de bidon Powerbar, de l’autre coté, une petite île avec une Ford dessus.
Le coup de canon donne le départ de la course. Je suis placé à coté de 2 français et il n’y a pas de baston, c’est royal.
Au bout de 400m, je sens que je suis essoufflé, vidé…je connais cette sensation, j’ai une crise de tachycardie (pas de bol, ca faisait 6 mois que j’en avais pas eu et ca tombe aujourd’hui…).
J’appelle un surfeur pour que je me repose. Il mets du temps à venir…c’est un scooter des mers qui s’approche, il ne veut pas que je m’accroche à lui, il m’envoie une petite bouée mais dès que je m’appuie dessus elle coule…en plus, ceux qui étaient derrière moi m’arrive dessus…Finalement, je repars mais je me rends compte que la tachycardie n’est pas passée…
Je m’arrête à nouveau et appelle un surfeur tout près de moi. Cette fois il arrive et je peux m’appuyer sur le long bord pour souffler. La crise passe et je peux repartir. Je le remercie et commence le slalom…
Je n’arrête pas de zigzaguer, de doubler mais finalement, ca passe bien, je ne prends pas de coup.
Près de la sortie, je reste dans les jambes plutôt que de dépenser encore de l’énergie inutilement. J’enlève à toute vitesse mon bonnet, mes lunettes et une partie de ma combinaison, je les mets dans le sac.
Je n’ai pas vu mon temps à la sortie de l’eau. J’ai demandé à une dame sur le bord, elle m’a dit qu’il était 8h02, ce qui m’a permis de savoir que j’avais nagé une heure.
Le casque est sur le vélo. A la sortie du parc, de centaines de personnes nous encouragent
On fait d’abord une petite boucle de 15km en ville en aller/retour. Je double pas mal de monde sans forcer. Puis on rejoint une sorte d’autoroute et en avant pour 80 km au milieu des champs de lave jusqu’au bout de l’île et retour. Le parcours est très vallonné, pas de grosses montées mais une succession de faux plats montants et descendants. Au bout d’1h30, j’ai l’impression de ressentir les petits cailloux qui son sur la route. Est-ce que j’ai crevé ? Je regarde ma roue arrière mais non apparemment, je ne suis pas à plat.
Arrivé vers le 80ème on a du vent de ¾ face de la droite et on a 15km de faux plat montant avant le demi-tour. Je vois que je n’arrive pas à rester à distance des mecs avec qui j’étais. Je me faits doubler par des paquets (qui ne sont pas à distance…on se regarde avec un mec qui était devant moi en disant « mais c’est quoi ce délire, c’est une course de vélo, c’est une cyclosportive ?? »).J’ai l’impression de ne pas avancer.
Arrive le demi-tour, je récupère mon bidon perso et on attaque la descente. Je me dis que je vais récupèrer et que ca va repartir. Là encore des paquets me doublent…
J’ai du mal à garder la position aéro, je commence à avoir les pieds qui chauffent. Vers le 130e km, on a du vent de face jusqu’à la fin. J’ai tellement chaud sous les pieds que plusieurs fois je les retire de mes chaussures. A chaque ravitaillement, je me « prends une douche » en m’arrosant avec les bidons d’eau fraiche, mais quelques minutes après, je suis quasiment sec.
Je regarde mon compteur dans les faux plats montants : 25km/h puis 20 puis 17…
Je ne suis vraiment pas dans un grand jour…
Au 150ekm, l’objectif est seulement de rejoindre la transition.

A la transition, en descendant du vélo, je vérifie mon boyau arrière…il est dégonflé (il devait rester 4-5 bars). Je comprends donc que je suis me suis cramé tout seul à lutter contre un pneu qui se dégonfle…
Je prends le temps de mettre de la crème solaire dans la tente de transition. Je sors de la tente en marchant et je prends le temps de me mettre de la glace sur la tête et dans le cou pour faire baisser la température. Je sais que je vais commencer une grosse galère car je suis déjà bien fatigué, j’ai chaud, j’ai mal aux jambes.

Pendant les premiers kilomètres du marathon, je cours. Il y a des zones d’ombre et il fait un peu moins chaud, le bonheur. Vers le 4e km, à un ravito, je marche pour m’arroser…et je ne n’arrive pas à recourir…
Je marche pendant 5-6km.
Puis j’alterne course et marche (15’ course, 5’ marche). Au 15ème kilomètre, grosse montée, je marche et ensuite de l’autoroute je recours jusqu’au 20e
Là, je n’en peu plus, je suis vidé, j’ai chaud. J’arrête.
Je veux m’asseoir mais il n’y a rien que des cailloux…je m’assois par terre, j’enlève mes chaussures puis mes chaussettes, je m’allonge par terre, je mets mes mains sous ma tête, je ferme les yeux…
Je suis seul au monde, personne ne peut m’aider.
A quoi ca sert de continuer ? Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je suis venu faire cette course ?
J’ouvre les yeux, je m’assois sur la route.
Si je vais à gauche, c’est que j’abandonne et que je rentre en marchant, dans 1h j’ai fini.
Si je vais à droite, la galère continue, il me reste 22km à faire, si je marche, il me reste 4-5h…

Finalement, j’ai choisi de continuer la galère certes mais aussi de passer la ligne en tant que finisher, d’avoir le courage de ne pas abandonner, de mettre mon orgueil de coté, de prendre une bonne leçon d’humilité.

C’est long et dur jusqu’au moment où on fait demi-tour. A partir de là, il ne peut plus rien m’arriver.
Je vois le panneau du 30ekm, il est 17h50 (10h50 de course) le soleil commence à se coucher. Je me dis qu’il me reste 12km et que si je me remets à courir je peux finir en moins de 12h. Je refais le calcul pour être sur de ne pas me tromper, je trottine jusqu’au ravito à 300m de moi pour vérifier que je sais courir. Je prends un coca et je repars en courant.
Il fait nuit, par moment je ne vois pas s’il y a qqn en face, je ne vois pas où je pose les pieds. Aux ravitos, je ralenti à peine, juste le temps de prends une gorgée de coca.
L’arrivée en ville est fabuleuse. Le bord de mer est plein de monde. On tape des mains à droite et à gauche. A 100m de la ligne, j’entends le speaker annoncer mon nom. Je passe la ligne. Je ne regarde même pas mon temps, ca n’a pas d’importance.
A ce moment là, je suis conscient de la chance que j’ai d’avoir pu m’entrainer, d’avoir pu prendre le départ de cette course, d’avoir vécu cette course de l’intérieur, d’avoir pu passer la ligne d’arrivée.

Des bénévoles m’emmènent me ravitailler. Je cherche les copains pour discuter de la course.
On mange un bout de pizza, je vais récupérer ma médaille, mon T-shirt finisher, mes affaires. Je rentre à l’hôtel prendre une douche. A minuit, avec un autre gars, je retourne sur la ligne d’arrivée pour accueillir les derniers finishers. Il fait 25°C et il y a encore des milliers de personnes.
Et voilà, la course est terminée. La saison est finie.
On passe à autre chose… place aux vacances à Maui

 


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