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07/07/2014

Retour sur l'IM de Nice

posté à 17h26

Vous l'attendiez... le voici ! C'est le récit de Stéphane sur l'IM de Nice.

" Voici un résumé de la course vue de l’intérieur, caché derrière mes lunettes de soleil. Et oui, il y en a eu du soleil mais surtout au-dessus des nuages de pluie qui ont rendu cette aventure quelque peu humide.

Il était une fois… une soirée d’automne 2013 devant Internet, carte de crédit à la main…où un dernier clic de souris vous propulse 8 mois plus tard sur une plage de galets à 6H15 du matin avec 2799 allumés prêts à souffrir toute la journée pour tenter de gagner, en récompense, un T-Shirt, une médaille et un (gros) bout de pizza !

Vendredi 27 juin 2014, H-36

La baie des anges se dessine au milieu du pare-brise de la voiture. Le bleu de la Méditerranée nous tend les bras, les petits cumulus blancs flottent dans le ciel de la Côte-d’Azur. Il y a comme un air de vacances.

Passage à l’hôtel puis marche à pied jusqu’à la promenade des British où je récupère le package habituel et le sac à dos IronMan en simili skaï après avoir traversé dans les deux sens la « galerie commerciale » du triathlon. Bien vu de la part de l’organisation.

L’ambiance est joyeuse.

Samedi 28 juin, H-24 

Le ciel est toujours aussi bleu quand j’ouvre les yeux, bien que les prévisions de météo-France soient pessimistes pour le lendemain. Ce n’est pas grave pour l’instant, autant profiter du petit déjeuner pantagruélique de l’hôtel.

Reconnaissance en voiture de la montée vers le superbe village de Gourdon pour y manger au restaurant. La tension grimpe d’un cran, demain il n’y aura pas 140cv sur le vélo pour dévorer le bitume, même si le nombre de vitesses sera plus important.

Retour en fin de journée sur la promenade des Grands Bretons pour poser le vélo et les sacs de transition.

L’ambiance est studieuse.

Le repas du soir se déroule au calme. Retour dans la chambre pour la préparation du ravitaillement personnel qui sera apporté en haut du col de l’Ecre. Je suis en mode « boule de nerf » car après trois jours de repos imposé, les jambes sont de vrais ressorts, comprimés au maximum.

L’ambiance est silencieuse.

Dimanche 29 juin, H-03h30’

Le réveil n’a pas le temps de sonner que je suis debout. Le petit déjeuner est solitaire dans le hall froid de l’hôtel, le gardien de nuit ayant accepté de faire chauffer de l’eau pour le traditionnel thé d’avant-course.

L’ambiance est religieuse.

H-2h30’

Tel un bébé tortue, mon sac sur le dos, je me dirige à l’instinct vers la mer. La densité de tri-sportifs croit à vue d’œil à l’approche du parc à vélos éclairé par de puissants projecteurs.

Pression des boyaux vérifiée, friandises sucrées/salées installées, dernier check de mon joli destrier, la musique à fond dans les oreilles pour m’isoler.

Il est temps de passer la seconde peau pour s’échauffer dans la Grande Bleue.

H-15’

Les fesses posées sur les galets niçois, l’attente commence. Je me suis positionné dans le SAS 1H06’, juste devant le bandeau de départ. François est à côté et me tapote le haut du crane car je ne l’ai pas vu, perdu dans ma rêverie.

H-5’

Les pros s’élancent.

H-30’’

Je lance le chrono, replace la combinaison et souhaite bonne chance à François. On se dit qu’on se croisera sur le marathon.

L’ambiance est…anxieuse.

BANG !!

Les ressorts se détendent instantanément et je me retrouve dans l’écume soulevée par 2800 furieux s’élançant pour les 3.8km de natation.

Le premier km est proche du pugilat. Adieu l’application scolaire de la technique de crawl inculquée patiemment par nos coachs tout l’hiver. Je bois la tasse deux ou trois fois, cherche de l’air désespérément et me demande comment sortir de cette lessiveuse sans me noyer.

Finalement je distribue quelques baffes aléatoires pour me faire de la place…

La première boucle s’achève tant bien que mal, suivie par la sortie à l’australienne (une première pour moi), et un rapide plongeon pour le deuxième tour. Une boucle beaucoup plus sereine puisque le banc de sardines s’étire maintenant sur plusieurs centaines de mètres en longueur et dizaines en largeur.

La première épreuve s’achève. Coup d’œil au chrono : 1H06’…y’a bon !

Transition 1

Le passage des galets à la promenade des rosbeefs est une vrai galère car on doit remonter par un petit escalier étriqué. Et il y a la queue !!!

Mon beau BMC m’attend sagement, prêt pour une chevauchée de 180km dans l’arrière-pays. Les chaussures claquent et la position aéro sur le prolongateur est prise immédiatement, pas de temps à perdre. Gégé m’encourage à la sortie du parc, super.

La balade cycliste

20km de pseudo plat pour me rappeler à quel point je suis nul dans ces conditions. Je me fais continuellement doubler, notamment par François qui passe avec un grand sourire.

Tant pis, il faut être humble et garder le moral car la journée va être longue et le but principal est d’arriver au bout. Ce n’est pas le moment de puiser dans les réserves.

La pente change à Gattières, de même que le braquet utilisé. Du coup je reprends des couleurs et quelques places.

De grosses gouttes de pluie tombent sporadiquement et s’écrasent sur les lunettes. Le ciel est bien sombre, et menace de nous tomber sur la tête.

Au 50e km, l’ascension du col de l’Ecre débute. 20km d’efforts, moins aisé qu’hier en voiture. Je rattrape Guillaume, échange quelques mots puis reprend mon rythme tranquille vers Gourdon, les ressorts se comprimant/détendant en cadence sans douleur.

La pluie recommence à tomber. Le thermomètre fait de même…qu’il est loin le half du Salagou et ses 35°C !

Le sommet arrive avec la pause pour récupérer le ravitaillement personnel…et voir Guillaume me passer à nouveau !

J’engouffre mon sandwich pain de mie/fromage sans-le-jambon-que-j’adore-mais-que-triple-zut-j’ai-oublié-à-la-maison-comme-un-imbécile et me remplis les poches de gels et barres de céréales.

Prochaine étape, le ravitaillement de Gréolières dans 30km, ça me donne un objectif intermédiaire dans la progression du parcours vélo.

Caussols…Gréolières où j’attrape une gourde de potion magique…et la dernière difficulté du circuit avec les 6km de la côte de Pons. Je me retrouve en haut sans même m’en rendre compte, c’est chouette !

Je repasse Guillaume sur le plat un peu avant Coursegoules et me jette dans la descente vers la vallée du Var.

Guillaume me redouble à nouveau à grande vitesse dans les lacets avant Bouyon, il est impressionnant de maîtrise et je dois le laisser filer pour ne pas finir l’aventure dans un fossé.

Zeus (le dieu de la pluie entre autre) s’invite sur le parcours.

Heureusement pour moi la descente est quasi-finie et j’enchaîne sous le déluge les 20 derniers km de plat. Un concurrent devant moi glisse et s’étale dans le dernier rond-point que je prends à 5km/h pour ne pas subir le même sort.

Dernière ligne droite « à fond », en drafting (chut, il ne faut pas le dire…) car nous sommes une petite dizaine à conclure la partie vélo et la voie n’est pas assez large pour nous tous.

Transition 2

Je pose le vélo qui a fonctionné comme une horloge suisse (normal un BMC…) et, comme d’habitude, ai une petite pensée pour mon mécano préféré chez Bicimania qui a fait trois quart d’heure de bénévolat un samedi pour les derniers réglages.

Pause technique, à l’abri dans les toilettes alors que la pluie redouble. Les secondes défilent…je ne savais pas que ma vessie avait une telle contenance !! Ça doit être la potion magique…

Un peu de crème sur la plante des pieds, les chaussettes, les chaussures, la casquette et les lunettes de soleil (quelle idée sous la pluie)…youpi, en avant pour 42195 mètres !

Les 4 tours de promenade

Il est 13H23 à ma montre quand j’entame les premières foulées, ce chiffre restera gravé dans ma mémoire car je ne prévoyais pas de courir avant 14H00.

Les vitrollais sont au début de la boucle pour hurler des encouragements ! Gégé me crie de gérer le premier tour, conseil que je suis à la lettre en tant que « poulet officiel » (voir les tomes précédents…).  J’aperçois mes parents qui ont fait le déplacement, les enfants un peu plus loin puis, vers l’aéroport, Claire et Hervé studieux avec le petit carnet de notes.

Premier chouchou et deuxième tour, toujours en cadence, vers 12km/h. Je double du monde mais quelques triathlètes au profil de Kenyans délavés me déposent en survolant le bitume à basse hauteur.

Deuxième chouchou et petit coup de mou mais qui disparaît avec l’absorption d’un gel. Tiens, voilà François devant moi : allez François plus que deux tours !

23e km, les quadriceps se durcissent d’un coup et déclenchent des douleurs intenses dans le dos à chaque impact. Aïe, j’ai mal, j’ai mal, j’ai mal me dis-je à chaque foulée.

Je me traîne en mode dégradé jusqu’à la fin du 3iem tour, attrape ce chouchou qui vaut de l’or et me retourne une dernière fois vers l’aéroport tout là-bas au loin. La situation ne s’est pas améliorée pour mes jambes, c’est terriblement frustrant car le cœur ne bat qu’à 115bpm et tout le reste du corps veut encore en découdre.

Bon, Hervé me l’a dit, le dernier tour « c’est au mental uniquement ». Alors je serre les dents et j’accélère, moins de temps ça durera, mieux ce sera ! La vitesse remonte proche de 12km/h et j’imagine un couloir étroit devant moi sans plus personne autour. Je veux aller au bout sans rien lâcher…voilà l’aéroport ! 5km pour le retour et ce sera fini, un stop au ravitaillement pour bien boire et cap sur les chapiteaux.

Voilà Vincent devant moi, je le passe avec un encouragement.

Plus que 2 km.

Je saute le dernier ravitaillement.

Mes enfants sont sur le côté et courent avec moi 300m, la foule se densifie à l’approche de l’arrivée et ils me laissent continuer seul.

La bifurcation vers le finish se profile, c’est sur je ne repartirai pas pour un tour avec mes jambes en bois…

100m, je pose les pieds sur le tapis bleu.

50 m, la foule applaudit, hurle, on se prendrait pour une star.

30m, le speaker fait vibrer les haut-parleurs,

20m, Madame est là dans les gradins, elle m’appelle en me tendant la main que j’attrape, elle aussi a vécu cet IronMan depuis début 2014, et en patientant depuis 5H00 ce matin.

5m tout se relâche d’un coup, la ligne est franchie, le temps s’arrête.

C’est fini, tous les efforts trouvent leur récompense dans ce moment de calme intense où je n’entends même plus la foule, égoïstement replié sur moi-même, assis par terre ma bouteille d’eau à la main. Il faudra quelques minutes pour émerger de ce rêve brumeux et revenir à la réalité…il faudra aussi deux pompiers costauds pour m’aider à retrouver une position verticale car les cuisses n’ont pas apprécié les derniers km.

Mais bon…l’ambiance est victorieuse !!

Merci à tous mes amis, les vitrollais tout le long du parcours, mes collègues de travail qui ont suivi le rythme des entraînements, nos deux coachs pour avoir prodigué des conseils tout au long de l’année et surtout, surtout, surtout ma petite famille sans qui rien ne serait possible : elle a subi mon réveil tous les jours à 5H00 pour aller courir, pédaler ou nager, les week-ends tronqués pour les sorties vélo, les doutes et les espoirs, les repas diététiques imposés, et bien d’autres choses encore. Promis pour cette année…je ne ferai qu’un seul autre IM (Vichy) !!!

Stéphane

Niçois 4 ever

 


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